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Récits | Altitude Sports https://kinsta.altitude-sports.com Outdoor Gear Guides, Stories & Reviews Mon, 12 Jan 2026 17:30:36 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.9 https://kinsta.altitude-sports.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-Symbol-Altitude-Sports-2024-32x32.png Récits | Altitude Sports https://kinsta.altitude-sports.com 32 32 HOLD ON: Let me put on my leg https://kinsta.altitude-sports.com/fr/altra-arizona-jacky-hunt-broersma-story-2/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/altra-arizona-jacky-hunt-broersma-story-2/#respond Mon, 12 Jan 2026 17:16:06 +0000 https://kinsta.altitude-sports.com/?p=144584 « Un moment, juste le temps de mettre ma jambe ». C’est ce qu’on lit sur le tapis devant la porte, chez Jacky Hunt-Broersma. Elle l’a fait faire sur mesure, pour le plaisir de voir les gens comprendre quand elle ouvre la porte avec sa prothèse. Jacky est coureuse d'ultra-distance, détentrice de records mondiaux, consultante en marketing, mère, épouse, et amputée d’une jambe - et c’est son genre d’humour d’avoir un tapis d’entrée qui rigole gentiment de sa condition. En février, je suis allée la rencontrer à Phoenix en Arizona où elle habite avec sa famille, pour parler de course, de la vie, et des choses qui nous font avancer.

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Des centaines de marathons

« Je ne m’habitue jamais au paysage, même si je viens tellement souvent ». Jacky nous accueille au milieu des monts rocheux et des cactus sous le soleil de 9 heures, dans le parc régional de San Tan Mountain. La chaleur sèche est déjà cuisante. Le désert change d’aspect suivant la température, il passe du vert quand c’est humide aux orangés arides lorsque c’est sec. On est sur son territoire, elle habite à 20 minutes. C’est entre autres ici qu’elle a couru de nombreux kilomètres des 104 marathons qu’elle a faits en 104 jours consécutifs en 2022, un record mondial qui lui appartient toujours. Elle avait alors amassé des fonds pour Amputee Blade Runners, qui fournit des prothèses de course qui ne sont pas couvertes par les assurances américaines – une cause qui lui est chère, naturellement. Au même titre que la recherche sur le cancer, pour laquelle elle a couru 250 demi-marathons en 250 jours, une autre prouesse, qui vit un peu dans l’ombre de son record du monde. 

Jacky est phoenixoise d’adoption : née en Afrique du sud, elle a habité aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Caroline du Nord avant de s’établir en Arizona, attirée par le climat qui ressemble davantage à celui de sa terre natale. Elle a deux ados, et elle est mariée depuis 27 ans à celui qui est aujourd’hui aussi son coach, et son technicien : c’est Edwin qui ajuste minutieusement sa prothèse de course et qui change la semelle en dessous, à tous les 800 kilomètres.

L’adversité et le sport

En 2001, alors qu’elle avait 26 ans, Jacky a appris qu’elle était atteinte du sarcome d’Ewing, une rare forme de cancer des os. Une semaine plus tard, sa vie était sauvée par l’amputation d’une partie de sa jambe gauche, juste sous le genou. « C’était la seule option, il n’y avait pas de temps pour réfléchir. Je suis passée en mode survie » raconte candidement Jacky. Sa façon de relater ça, de rester positive – de rire, même – laisse transparaître une détermination joviale qui vient me chercher. 26 ans, c’est mon âge à moi. 

La course allait faire son entrée dans sa vie seulement une quinzaine d’années plus tard. De son propre aveu, Jacky n’avait jamais été tellement sportive ni attirée par le plein air : « J’étais le genre d’enfant qui se cache dans les toilettes pour échapper à l’éducation physique. » Mais à un certain moment, en voyant son mari courir, se sentant aux prises avec les limites qui semblent s’imposer naturellement aux personnes amputées, sa personnalité combative a pris le dessus : « Je n’ai jamais accepté qu’on me mette dans une case. Je ne pense pas que j’aurais commencé à courir si je n’avais pas perdu ma jambe. C’était un acte de rébellion. Je voulais faire quelque chose que je ne pensais pas pouvoir faire. »

Dans un premier temps, il lui fallait se procurer une prothèse sur mesure. Ensuite, il a fallu s’adapter, s’habituer à courir avec et à l’ajuster convenablement, pour que les hanches soient bien égales et que le rebond corresponde à la foulée. Aujourd’hui, la prothèse de Jacky est encore plus sophistiquée, mieux adaptée à la course sur sentier qu’elle préfère, et à ses défis uniques. « Il n’y a que mon pied droit qui me donne une vraie rétroaction tactile sur les surfaces », explique Jacky, qui ajoute que les chaussures Altra qu’elle utilise aident à cet égard, avec leur inclinaison nulle et leur largeur généreuse au niveau des orteils. Et pour ceux qui se demandent : oui, elle utilise les chaussures gauches, sur sa prothèse de tous les jours.

Nouveaux projets, même intensité

Cette semaine, Jacky est en mode récupération. Elle a couru un 80 kilomètres il y a quelques jours – c’était la première fois qu’elle couvrait cette distance à l’entraînement. Elle se prépare en vue de sa participation à The Speed Project, 540 kilomètres de course entre Los Angeles et Las Vegas. The Speed Project a été pensée comme une course à relais, mais aujourd’hui on s’y attaque de plus en plus en solo. C’est ce que Jacky va faire, et elle sera la première personne amputée à participer à l’épreuve. Si, comme moi, vous trouvez ça intimidant, et que vous êtes déjà un peu soufflés par sa détermination, dites-vous que pour elle, ce n’est qu’une étape en vue de son objectif suivant : sept marathons en sept jours sur sept continents, pour recueillir des fonds pour les victimes de la traite des personnes, dans le cadre du World Marathon Challenge. Ça se passe au mois de novembre. 

Pourquoi autant de projets aussi extrêmes? Parce qu’elle aime ça. Parce qu’après l’épreuve qu’elle a vécue, elle a réalisé que la vie était fragile, et qu’il fallait en profiter. Pour marquer l’imaginaire, et montrer que ce n’est pas parce qu’on est amputée qu’on ne peut pas faire de sport. Montrer qu’elle est plus qu’une personne amputée. Pour attirer l’attention sur le fait que les running blades ne sont pas accessibles, alors qu’elles peuvent transformer complètement la vie de quelqu’un qui en a besoin.

Caractère d’athlète(s)

Chez Jacky, passé le tapis d’entrée personnalisé, on est accueillis par les deux chiens de la famille, qui adorent la visite. Sa fille est en train d’enregistrer une vidéo pour son cours de violon. Elle fait aussi de l’équitation. Son fils, lui, fait du vélo de montagne deux soirs par semaine. Jacky travaille de la maison comme pigiste, ce qui lui laisse la marge de manœuvre pour s’entraîner, et pour s’impliquer beaucoup dans la vie de ses enfants. 

Eux aussi sont très investis dans ses projets : quand elle a couru ses 104 marathons, ils revenaient de l’école tous les après-midi en prenant des nouvelles de sa performance du jour. Et lorsqu’elle manquait de motivation, ils étaient les premiers à lui rappeler ses raisons de persévérer. Néanmoins, entre sport, travail et vie de famille, Jacky en gère pas mal, et sur plusieurs fronts. 

On est dans le garage, elle me montre sa collection d’Altra, des étagères de chaussures bien usées. Elle les utilisait déjà avant d’être une athlète de la marque. J’essaie d’en savoir plus sur sa préparation pour The Speed Project. Nutrition, plan de match, équipement – on penserait que ce sont tous des aspects de premier intérêt pour une athlète comme Jacky, mais comment dire? Pas plus que ça. Son approche, si sérieuse soit-elle, est assez désinvolte, dans le sens le plus positif du terme : « En fin de compte, le mieux qu’on puisse faire, c’est donner son maximum. Sortir, faire autant de kilomètres que possible – pour le reste, on verra le jour de l’événement. Pour moi, la course a toujours été plus mentale que physique. J’ai appris à cultiver ma gratitude, et je reste consciente que j’ai de la chance de pouvoir pratiquer ce sport. Et ça m’aide vraiment beaucoup. »

Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion : beaucoup d’athlètes d’endurance, il me semble, partagent cette disposition d’esprit qui laisse beaucoup de place à l’imprévu – qui reste souple plutôt que de chercher à tout anticiper. Je pense à Lael Wilcox, la cycliste qui détient le record chez les femmes pour le tour du monde à vélo, ou à la championne d’ultra-trail Marianne Hogan que nous avons accompagnée au Cap l’année dernière. Des athlètes dont la bonne humeur et l’adaptabilité sans limites semblent être à la source de leurs performances ahurissantes, au même titre que leur préparation physique méticuleuse. 

Ce n’est pas une course

C’est ce que je retiens de cette rencontre. La vie est fragile et imprévisible, et il faut l’aimer comme ça – l’accueillir comme elle vient, activement, avec engagement et détermination. Il faut faire tout ce qu’on peut pour vivre dans le moment présent, parce que ce n’est pas une course. Sauf quand c’en est une. Dans ce cas, je nous souhaite tous de l’approcher avec autant de passion et de légèreté que Jacky Hunt-Broersma. 

Magasinez les essentiels de Altra

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]]> https://kinsta.altitude-sports.com/fr/altra-arizona-jacky-hunt-broersma-story-2/feed/ 0 Kari Traa : La révolution fluo dans la poudreuse https://kinsta.altitude-sports.com/fr/girlhood-skiing-and-the-nordic-spirit-kari-traa-brand-story-2/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/girlhood-skiing-and-the-nordic-spirit-kari-traa-brand-story-2/#respond Mon, 12 Jan 2026 16:59:53 +0000 https://kinsta.altitude-sports.com/?p=144558 Parler d’entrepreneuriat féminin en 2025, ça n’a plus rien de spécial. Et pourtant, ça reste un acte engagé. Ce n’est pas le fait de lancer une marque qui surprend – c’est plutôt la manière de le faire. Avec ses couleurs, ses motifs, son humour contagieux, Kari Traa a jeté les bases d’un entrepreneuriat instinctif, libre, presque désinvolte. Un modèle qui influence aujourd’hui les jeunes générations.

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En Norvège, c’est une vedette. Championne olympique, entrepreneure, véritable icône de la liberté féminine et sportive; Kari Traa est plus grande que nature. Au-delà des frontières scandinaves, cependant, peu connaissent son parcours atypique et sa tendance à briser les règles du jeu. Son influence perce désormais le marché nord-américain, dans les motifs floraux et le rose de ses célèbres couches de base et vêtements en laine mérinos, ceux-là mêmes qui sont venus réveiller une industrie du plein air longtemps dominée par les monotones nuances de noir et de marine.

Kari Traa n’a pourtant rien d’une entrepreneure née. Pour fonder sa marque, pas de tableaux Excel, de hautes études commerciales ou de plans d’affaires, mais une vision claire : celle de créer des vêtements techniques pensés exclusivement pour les femmes. Et une absence totale de peur. Après une carrière de ski acrobatique passée à vivre de figures complexes et de risques calculés, elle reste une amoureuse de l’adrénaline. Le dødsing, par exemple (littéralement, plongeon de la mort), sport extrême norvégien qui consiste à sauter de plusieurs mètres de haut, en restant à plat ventre le plus longtemps possible avant de toucher l’eau en position repliée. Elle fait d’ailleurs partie des skieuses norvégiennes qui ont le plus chuté en compétition, un fait qu’elle revendique avec humour. C’est cette confiance presque absurde et cet indéfectible optimisme qui l’ont menée des podiums aux plus hautes marches de l’industrie.

Hans Eide, ex-champion olympique de bosses et partenaire d’affaires de longue date de Kari, l’exprime bien: « Elle n’a peur de rien. Elle ose tout faire. Je l’ai vue pratiquer le dødsing encore l’année passée, vêtue d’un maillot de bain qu’elle avait tricoté elle-même. Elle est aussi excentrique qu’elle l’était quand elle était jeune. » C’est d’ailleurs lui, à l’époque, qui lui a proposé d’utiliser son nom – Kari Traa, championne de ski de bosses et multiple médaillée olympique – pour la marque qu’elle était en train de créer. « En Norvège, les gens admirent les grands sportifs plus que tout. Et déjà à l’époque, les gens admiraient Kari Traa. La marque avait beau être une expérience, elle a vite porté fruit. » Aujourd’hui, la marque se frotte aux plus grands joueurs sur la scène du plein air européenne. 

Kari aime raconter que l’idée de lancer sa propre marque est née un peu par accident. « À l’époque, mes amies tombaient toutes enceintes… et moi, je me suis dit : bon, je fais quoi maintenant? » Elle n’a pas choisi la facilité : elle a choisi de bâtir un empire, à sa manière. C’est en 2006, à l’ISPO Munich – le plus grand salon professionnel du sport au monde – que vient la consécration internationale. Présenter une collection entièrement dédiée aux femmes, dans un secteur encore largement dominé par les hommes, relève presque du miracle. Mais la réaction du marché est immédiate : le mélange de technicité, de design audacieux et de fraîcheur séduit le public. Pour Kari, cette première participation marque un tournant. Elle prend sa retraite sportive peu après les Jeux de Turin, et consacre désormais toute son énergie à sa marque. Ce moment de bascule symbolise l’entrée de Kari Traa dans la cour des grands – non plus comme athlète, mais comme entrepreneure à suivre. Et comme modèle féminin à reproduire. 

Kari Traa portrait
Kari traa paddleboard
Sheep

L’apologie des couleurs

« Un jour, j’ai peint mes bottes de ski avec des fleurs ».

Malgré son succès phénoménal en Scandinavie, la marque Kari Traa est partie d’une simple frustration; celle de devoir porter des vêtements pour homme en compétition. Tout était fait pour les athlètes masculins : les t-shirts, les manteaux, le look – tout était gris, monotone, et la coupe carrée ne faisait pas du tout aux femmes. 

« Je ne veux pas me plaindre, mais mes commanditaires me donnaient toujours des vêtements tellement laids, se souvient-elle en riant. J’ai donc commencé à en tricoter moi-même. » Elle commence par vendre des tuques, puis à étendre sa gamme aux t-shirts et aux sous-vêtements. La marque voit le jour. Nous sommes en 2002, alors que la notion de female founder n’en est qu’à ses balbutiements. Dans un marché porté par une poignée de grands joueurs, Kari Traa prend tout le monde à contrepied. Son créneau : la féminité active, expressive, assumée. « Les autres marques commençaient par les hommes, puis allaient vers l’unisexe, et enfin (parfois) les femmes. J’ai décidé de commencer directement avec les femmes. » Dès ses débuts, elle refuse les codes sobres du vêtement de plein air. Résultat : des palettes de couleurs vives, des motifs volontairement ludiques inspirés du folklore norvégien, et une silhouette flatteuse conçue pour bouger.

Après l’ISPO, c’est en 2008 que la marque frappe un grand coup avec sa désormais célèbre couche de base rose en laine mérinos, tricotée avec des motifs inspirés du vieux chalet familial. Une création née lors d’un week-end de Pâques, autour d’une bière maison, avec une amie designer. « Ce n’était pas facile, mais on a dessiné le motif du chalet… et c’est devenu un best-seller! » Les pièces bouleversent ainsi un marché figé, habitué à proposer toujours les mêmes produits. En quelques années, Kari Traa devient la marque de couches de base pour femme la plus populaire de Scandinavie, et l’une des plus dynamiques d’Europe.

Cette volonté d’en faire à sa tête, de tracer sa propre ligne – qu’elle soit graphique ou dans la poudreuse – ne date pas d’hier. Bien avant les podiums, bien avant la laine mérinos tricotée main, il y avait déjà cette fille de Voss qui n’attendait pas qu’on l’invite pour prendre sa place. Enfant, Kari Traa était la seule à aller skier avec les garçons. « Si les garçons le faisaient, pourquoi pas moi? Ils ne m’ont d’ailleurs jamais traitée différemment. Ils ne m’ont jamais donné de traitement de faveur ou ils ne m’ont jamais forcée à skier derrière eux parce que j’étais une fille. Je faisais partie du groupe, je pense qu’ils ne voyaient même pas la différence. »

Elle ajoute: « Donner une place aux femmes sur la scène du plein air est essentiel. Beaucoup de sociétés à travers le globe ont des problèmes avec l’égalité des sexes. En Norvège, ça va bien, mais… Il faut se battre pour le reste du monde. Et puis, en ce moment, le monde est plutôt fou. Je n’ai pas toujours l’impression qu’on s’en va dans la bonne direction. » C’est ça aussi, l’idée derrière Kari Traa. Le renforcement positif. Montrer aux filles qu’elles ne devraient se mettre aucune barrière. « Quand je skiais avec les garçons, on voulait que d’autres filles se joignent à nous! Mais elles ne voulaient pas, on allait trop vite, trop loin. J’aurais dû essayer plus fort pour les convaincre, mais c’est maintenant ce que je fais aujourd’hui ». 

flowers

«Vous êtes Kari Traa? On vous croyait morte!»

C’est ce que deux jeunes femmes, bouche bée, lui lancent dans un gala. Preuve que son nom est aujourd’hui plus grand qu’elle – et qu’elle est devenue avant tout un symbole culturel, presque une figure de résilience. Et puis, il y a eu ce moment improbable : Sarah Jessica Parker elle-même qui entre dans une boutique Kari Traa, achète la couche de base rose, la porte, puis la publie sur Instagram. Une star mondiale, une pièce tricotée à l’origine dans le vieux chalet familial, sans prétention… L’entrée de la marque sur la scène de la mode était assurée.

En 2025, beaucoup d’entreprises tentent de se doter d’une raison d’être à laquelle chacun peut s’identifier. Kari Traa est née avec une mission viscérale et irrépressible : libérer les femmes dans leur pratique du sport, et dans leur façon de se présenter au monde. Et tant mieux si certaines pensent qu’elle n’existe plus : Kari Traa, aujourd’hui, c’est tout un mouvement.

Magasinez les essentiels de Kari Traa

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]]> https://kinsta.altitude-sports.com/fr/girlhood-skiing-and-the-nordic-spirit-kari-traa-brand-story-2/feed/ 0 BORN COLD : ORAGE CÉLÈBRE PLUS DE TROIS DÉCENNIES D’HÉRITAGE EN FREESKI https://kinsta.altitude-sports.com/fr/full-circle-orage-story-2/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/full-circle-orage-story-2/#respond Mon, 12 Jan 2026 16:41:46 +0000 https://kinsta.altitude-sports.com/?p=144531 Nous sommes en 1989. Dans un modeste garage de la banlieue de Montréal, une jeune étudiante universitaire nommée Evelyn Trempe esquisse une idée qui va discrètement déclencher une révolution dans le domaine des vêtements de ski.

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Étudiante en administration et en marketing à l’UQAM, Evelyn n’est pas seulement une skieuse, elle est aussi une créatrice dotée d’un sens raffiné du style. Avec pour seuls outils une vision, quelques morceaux de tissu et une table de ping-pong déformée, elle coud sa première veste imperméable, et un pantalon qui va avec, pour l’équipe de ski de l’Université. Elle ne le sait pas, mais cette initiative va lui ouvrir de nombreuses portes. Elle vient de trouver quelque chose qu’elle n’avait pas cherché, comme c’est souvent le cas quand on se lance dans une grande aventure.

À la même époque, Éric D’Anjou, 22 ans, skieur lui aussi, travaille dans un magasin de vêtements de sport, et partage le sentiment d’Evelyn. Il pense que le monde du ski est prêt pour quelque chose de différent. Deux rêveurs. Deux personnes d’action. Rapidement, ils deviennent partenaires d’affaires. Parcourant l’île de Montréal en camionnette, ils commencent à vendre leur équipement innovant, original, fonctionnel, et différent de tout ce qui existe sur le marché du ski. Orage est née.

Au milieu des années 1990, alors que la marque gagne en popularité, Orage continue de se démarquer par son approche axée sur le design et les skieurs – même si une nouvelle ère s’apprête à commencer. 

La vision d’Orage a toujours été la même : innover à travers le style, un mantra dont la marque ne s’est jamais éloignée. Réfléchissant à la croissance exponentielle de l’entreprise, Éric déclare : « On n’a pas bâti notre marque sur ce qui avait déjà du succès sur le marché, on a eu du succès en créant des produits qui n’existaient pas encore. » Autrement dit, en sortant des sentiers battus, et en créant des technologies et des styles originaux, spécifiques au ski, qui n’étaient pas encore communs sur le marché des vêtements de sport – incluant des textures matelassées, des finitions en velours côtelé, des silhouettes audacieuses, et des combinaisons de couleurs à contre-courant de la mode dominante.

À la fin des années 1990 et au début du nouveau millénaire, le portrait général des sports d’hiver change. Le snowboard est à l’avant-scène, le ski de parc dans son ombre. Alors que d’autres marques déjà bien établies comme Rossignol et Salomon choisissent de s’adapter pour répondre à la demande liée à la tendance du snowboard, Orage reste fidèle à ses racines.

« Je ne voyais pas pourquoi on ne pourrait pas faire ce que le snowboard faisait », explique Éric D’Anjou, cofondateur. « On voulait montrer qu’on pouvait faire tout ce qui se faisait sur une planche dans le parc. » Orage entreprend de le prouver en recrutant certains des skieurs les plus renommés pour les aider à tester leurs prototypes sur le terrain. De cette contribution émerge une énergie collaborative qui perdure aujourd’hui, fournissant des informations précieuses qui poussent l’innovation de la marque vers des voies inattendues.

Au début des années 2000, parmi les skieurs de renom avec lesquels Orage collabore figure nul autre que JP Auclair, considéré comme un pionnier du freeski, et l’une des figures emblématiques du genre à une époque où le snowboard fait fureur sur les pistes. JP, aux côtés d’autres athlètes, avait cofondé la première marque de ski entièrement destinée aux athlètes, Armada. Si cette marque représentait une nouvelle frontière dans le domaine des skis et autre équipement, le partenariat entre JP et Orage permet à cette dernière de façonner le style et les performances de ses vêtements de ski comme peu d’autres pouvaient le faire. Cette symbiose révolutionne le genre du freeski dans son ensemble. Chaque pièce d’équipement est créée en collaboration avec les athlètes, qui les testent eux-mêmes – affrontant les montagnes et se lançant tête baissée dans la nature sauvage, pour ensuite retourner à la planche à dessin afin d’améliorer la technologie utilisée dans les vêtements Orage.

À la fin des années 2000, JP recrute un talent prometteur pour rejoindre Armada : Phil Casabon. Plus qu’un skieur doué, Phil a également un sens affûté du design, apportant sa touche personnelle aux vêtements de ski avec un style qui reflète la vitalité décontractée et expressive de la scène du freeski, qui à cette époque rivalise – même si ça reste bon enfant – avec le mouvement du snowboard.

Orage suit naturellement la voie tracée par une poignée d’esprits créatifs du freeski dans sa communauté. « C’est devenu notre ADN », explique Éric. « Passer du parc au backcountry n’était pas un changement radical, mais une évolution. Ce n’est pas qu’on n’appréciait pas les half-pipes et les rails, mais le backcountry… c’est pur, c’est libérateur. Nous voulions créer de l’équipement capable de s’épanouir dans cet environnement. »

Avec un effectif complet et une équipe de professionnels qui va des athlètes aux designers, souvent experts dans les deux domaines, Orage devient bientôt un nom qu’on reconnaît bien au-delà des frontières de la province.

« Ça se remarque partout dans l’Ouest », déclare Mason Mashon, photographe et skieur basé en Colombie-Britannique qui travaille avec Orage depuis une décennie. « Je vois les gens porter la marque dans les montagnes. Ils reconnaissent la qualité des vêtements Orage. »

La collection automne-hiver 2024 de la marque, intitulée Born Cold, reflète son héritage québécois, avec des couleurs hivernales glaciales, brillamment capturées par l’objectif de Mason, faisant écho à la passion des skieurs qui affrontent les conditions les plus difficiles en montagne avec confiance et fierté. Orage vise toujours à concevoir des vêtements qui non seulement résistent aux éléments, mais permettent également aux skieurs d’exprimer leur personnalité dans la nature. « Je vois ça comme un voyage à l’étranger », explique Éric. « En vous entendant parler, quelqu’un pourrait dire : “Hé, tu as un accent.” Quand on crée nos designs, on les dessine avec un accent. »

C’est ce langage stylistique distinct qui a valu à Orage la réputation d’être originale – en partie due aussi à Isabel Lafortune, l’actuelle directrice artistique d’Orage, dont la vision inspirée a valu à la marque une nomination pour le Global Sports Style Award lors des ISPO Awards en 2006. Des années plus tard, en 2020, Orage a remporté la médaille d’or aux ISPO pour sa veste Morrison, une reconnaissance de son système de ventilation Gilltek novateur, et de l’approche de la marque en matière d’utilisation de textiles durables.

Les vêtements de ski Orage ne servent pas seulement le style des skieurs sur la montagne; ils offrent performances et fiabilité technique, sans sacrifier leur personnalité. Aujourd’hui, cette réputation s’étend au-delà des frontières du pays. « On se développe en Europe », explique Éric. « Les Européens sont aussi friands d’innovation que nous ici au Québec. Notre culture n’est pas très éloignée, et on veut se forger une réputation là-bas comme on l’a fait ici. »

Ces 30 dernières années, le parcours d’Orage n’a jamais dévié de ses racines, fermement ancrées dans un garage de Montréal. Ce qui a commencé par une simple veste et un pantalon cousus avec soin et conviction est devenu une marque portée sur tous les continents, mais qui n’a jamais perdu son accent. Dans un monde où les tendances en matière de vêtements de plein air sont éphémères, Orage continue de tracer sa propre voie : audacieuse, technique et résolument originale.

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Parce qu’après l’avoir rencontré cet été, on comprend qu’au travail comme dans la vie, Alexi Godbout fonctionne avec souplesse, et sait flairer les belles conditions – qu’elles soient météorologiques ou professionnelles.

Un one-man show, sans égo

« Au cinéma, les rôles sont précis, mais dans le monde des films de sport, il y a beaucoup de one-man shows. Producteur, vidéaste, réalisateur… Je ne sais pas vraiment quel titre me donner. » Alexi nous parle de chez lui à Squamish, où il est en train de monter le prochain film de Blank Collective, la maison de production qu’il a cofondée, et dans lequel il skie, bien sûr. Est-ce que c’est difficile de se détacher de ses propres performances au montage? « Il ne faut pas avoir d’égo par rapport à son matériel. Tu veux faire le meilleur film possible. S’il faut que tu coupes tes shots, c’est ça qui est ça. »

« Je regarde des films de ski depuis que j’ai huit ans. Le premier VHS que j’ai eu, je l’ai tellement regardé que la cassette ne fonctionnait plus. » C’était 13, de Poor Boyz Productions. À l’époque, il sautait tous les passages de backcountry – seul le parc l’intéressait. Autour de la mi-vingtaine, c’est l’inverse : il dévore tout ce qui vient de l’arrière-pays. Quand les blessures le mettent finalement à l’écart de la compétition en 2015, son regard se tourne naturellement vers l’Ouest. Coup de chance ou signe du destin, Jeff Thomas, ancien collaborateur des Poor Boyz, devenu un ami, vient d’acheter une maison en Colombie-Britannique. Il a une chambre à louer.

L’année suivante, avec un peu de financement de Salomon, Alexi et sa gang décident de produire leur propre film. Ce sera Canvas, suivi en 2017 par Bearings. En 2018, Alexi commence à apprendre l’art du montage auprès de Jeff Thomas, qui agit comme mentor pendant plusieurs années. Leur collaboration donnera naissance à plusieurs projets, dont Tales from Cascadia, sacré film de ski de l’année par IF3 en 2021. Éventuellement, Jeff quitte pour travailler à d’autres projets. « En 2023, c’était la première fois que j’étais laissé à moi-même, et honnêtement j’avais la chienne pas mal », dit-il. « Jeff avait beaucoup plus d’expérience que moi, et j’ai dû apprendre à me faire confiance sur le plan créatif. » Blank Collective a maintenant une dizaine de films à son actif.

Alexi talking

Un film pris en otage

Le premier film de Blank Collective, paru en 2016, a bien failli ne jamais voir le jour. Fin de saison, Yukon: Alexi et son équipe sont à Whitehorse pour récupérer leur VR et vont déjeuner au resto. À leur retour, le cameraman cherche son sac à dos. Il a disparu. À l’intérieur : tout le matériel vidéo de l’année sur des disques durs, sans aucune sauvegarde.

Des flyers sont imprimés, distribués partout en ville. On offre une rançon, sans grand espoir. Mais le téléphone finit par sonner. Rendez-vous dans un bar en fin de journée. Ça se passe comme dans les films. La moitié de l’argent change de mains pour vérifier le contenu du sac, puis le total est payé et tout le monde repart de son côté. Il y aura bien un premier film de Blank Collective – et de multiples sauvegardes dans le futur.

La logistique de l’arrière-pays

Dans les films de Blank, les skieurs ont presque toujours un sac à dos. Pas de remontées mécaniques ici : c’est l’arrière-pays. La logistique varie selon le lieu et le projet. « Il y a des voyages où on est dans un chalet et on fait juste du touring. Au Japon, on se promène en van, et quand on arrive à un point intéressant, on met les peaux sur nos skis et on part. » À la maison ou en Alaska, le ski de rando vient souvent compléter des trajets en motoneige. L’équipement vidéo est donc réduit au strict minimum : « C’est sûr qu’on ne va pas amener cinq lentilles et deux drones. »

Il faut aussi penser à la sécurité. Blank a besoin de gens capables non seulement de filmer, mais aussi de se débrouiller en terrain alpin, avec des compétences en sauvetage et premiers soins. « Cette année, on avait des skieurs plus jeunes, donc j’ai cherché à engager du monde avec plus d’expérience en montagne. Les risques sont réels. »

In the Field 1
In the Field 2

Né sur la montagne

Alexi Godbout est encore aujourd’hui un athlète Salomon, après avoir signé son premier contrat avec la marque à l’âge de 14 ans. Cette année-là, il remporte des compétitions provinciales contre des athlètes beaucoup plus âgés. Sa mère, complice, ajoute un an ou deux à son âge dans les formulaires pour le rendre admissible.

Ses deux parents sont des professionnels de l’industrie, d’ailleurs son père était déjà avec Salomon avant lui, en sa qualité d’instructeur de ski à Mont-Tremblant. Il dit qu’Alexi a eu sa crise d’adolescence de 0 à 14 ans. « J’étais un petit crisse, mais quand j’ai commencé à voyager avec du monde plus vieux que moi, je me suis fait remettre à ma place assez rapidement. »

Sa carrière est ponctuée de nombreux événements de renom – X Games, Dew Tour… – mais aussi de blessures aux genoux à 16, 20, 22 et 24 ans. Après la quatrième, il n’est qualifié pour aucune compétition, comme il a passé l’année précédente à récupérer. À l’invitation du légendaire freeskier Mike Douglas, il se rend à un tournage dans les montagnes Monashee, dans l’arrière-pays de la Colombie-Britannique. C’est l’illumination. 

Prises de vue et prise de risque

« Mes risques sont plus calculés qu’avant. » En compétition, tout est imposé : date, lieu, météo. Aujourd’hui, Alexi a davantage de latitude pour décider de ce qui est raisonnable de tenter, où et quand : « Ça m’a beaucoup aidé, surtout mentalement, à me sentir capable de skier encore longtemps. » Est-ce qu’il y a de la pression à tenter des manœuvres périlleuses pour les films? Sa réponse est nuancée : « Aujourd’hui, je peux skier des choses que je n’aurais pas considérées il y a dix ans, parce que mon expérience m’ouvre plus de portes. » Il constate quand même que d’autres – jeunes et moins jeunes – osent des trucs terrifiants. Et ça tombe bien : c’est aussi son travail de les engager.

C’est vrai dans tous les sports : les innovations d’une génération représentent la normalité de la suivante, qui va naturellement plus loin. On lui demande s’il est fier de voir une nouvelle vague de skieurs construire sur les fondations que la sienne a érigées : « J’hésite à dire fier parce que j’ai l’impression que ça vient de l’égo, mais s’il y a une chose à laquelle je pense avec fierté, c’est plutôt de faire partie de l’histoire du freeski, d’avoir ma petite place dans tout ça. »

Childhood photos

L’avenir de Blank Collective

Cette année, Alexi travaille sur deux projets. Cold Calls, le prochain Blank Collective, est presque terminé. Le deuxième est un court documentaire sur Bernt Marius Rørstad, un skieur norvégien amputé d’une partie de la jambe droite, qui continue de descendre les plus hautes montagnes avec détermination. Le segment final de Cold Calls lui est aussi consacré.

Le projet est une initiative personnelle d’Alexi, qui souhaite que Blank évolue pour permettre la création de plus d’un film par année, avec des formats variés. Pas de plan précis pour l’instant – mais ce serait presque inquiétant s’il y en avait un…

Magasinez les essentiels de Salomon

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]]> https://kinsta.altitude-sports.com/fr/alexi-godbout-salomon-story-2/feed/ 0 Devenir une entreprise certifiée B Corp https://kinsta.altitude-sports.com/fr/devenir-une-entreprise-certifiee-b-corp/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/devenir-une-entreprise-certifiee-b-corp/#respond Mon, 16 Sep 2024 20:30:43 +0000 https://kinsta.altitude-sports.com/?p=135277 Notre monde change; les entreprises qui parviennent à concilier mission et profit sont essentielles pour un avenir durable. Les entreprises certifiées B Corp opèrent dans un but lucratif tout en adhérant à des normes rigoureuses en matière de performance sociale et environnementale, de transparence et de responsabilité. Catherine Prud’homme, Directrice Sénior, marketing et durabilité, a dirigé le projet chez Altitude Sports et nous parle de son parcours.

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Altitude Sports est désormais une entreprise certifiée B Corp. Qu’est-ce qui vous a mené à suivre cette voie?

Nous voulions officialiser et améliorer nos initiatives et nos réalisations environnementales. Il était important de mesurer nos résultats avant de lancer de nouvelles initiatives et de nous concentrer sur notre empreinte sur l’environnement, la communauté et notre personnel. L’évaluation de B Impact répondait à tous ces besoins.

Opter pour B Corp était un choix logique. L’un de nos investisseurs, la Banque de développement du Canada, est certifié B Corp et nous l’a fortement recommandé. De toutes les certifications que nous avons envisagées, B Corp fournissait le cadre le plus détaillé. Grâce à lui, j’ai pu élaborer une feuille de route afin d’obtenir la certification en deux ans.

Faut-il absolument avoir de l’expérience en matière de pratiques commerciales durables pour entamer le processus?

Si vous n’avez pas d’expérience, vous devez faire preuve d’un grand intérêt et d’un désir d’apprendre rapidement. Il existe des cours que vous pouvez suivre pour vous aider à comprendre le processus pour devenir une entreprise B Corp. J’ai suivi un cours avec Decade Impact, qui se penche sur chaque domaine de l’évaluation B Impact et aide à comprendre les exigences. Ensuite, vous devez posséder de solides compétences en gestion de projet pour pouvoir progresser avec un calendrier réaliste. Plus important encore, vous aurez besoin du soutien total de votre conseil d’administration et du comité de direction pour donner la priorité à ce projet dans les années à venir.

Chez Altitude Sports, nous avons la chance d’avoir des membres dévoués dans chaque département, ce qui est vital puisque nous n’aurons probablement jamais d’équipe dédiée uniquement au développement durable. Nous pensons plutôt que celui-ci fait partie intégrante des responsabilités de chacun. Au début du parcours, vous obtiendrez des informations précieuses sur votre situation et saurez si vos efforts antérieurs ont réellement porté leurs fruits.

Où en étiez-vous au début de l’évaluation? Quelles ont été les premières mesures concrètes que vous avez prises?

Notre évaluation initiale nous a permis d’obtenir 55 points sur les 80 minimums requis. À partir de là, nous avons pu élaborer la feuille de route. Nous avons dressé la liste de toutes les initiatives que nous devions prendre, ajouté les détails et désigné un responsable. Nos premières étapes ont surtout consisté à évaluer notre impact environnemental (empreinte hydrique, GES, déchets, etc.), à recueillir les informations auprès de nos fournisseurs et à dresser la liste de tout ce que nous faisions déjà dans les documents officiels.

Parlez-nous du processus. Quels ont été les défis auxquels vous avez dû faire face au cours de la phase de collecte d’informations, que ce soit avec vos partenaires ou à l’externe?

Les plus grands défis ont été le budget, le temps et l’obtention de tout ce dont nous avions besoin de la part de nos fournisseurs. Tout d’abord, l’aspect financier. Nous devions procéder à des évaluations approfondies, notamment de notre empreinte GES pour les scopes 1, 2 et 3, de l’évaluation de l’eau, de la gestion des déchets et de l’élaboration de notre politique environnementale. Ces évaluations étaient essentielles, mais nous ne disposions pas de l’expertise nécessaire à l’interne. Nous nous sommes donc associés à des entreprises spécialisées pour mener ces tâches à bien, ce qui a engendré des coûts substantiels. Heureusement, nous avons reçu un financement du Fonds Écoleaders qui a permis de compenser une partie de ces dépenses.

La gestion du temps a constitué un autre défi majeur. Même si nous avons procédé à certaines évaluations à l’externe, nous avons géré tout le reste nous-mêmes, y compris la gestion de projet, la collecte de données et la mise en œuvre de nouvelles pratiques. Chaque département avait ses responsables clés qui jouaient un rôle déterminant au cours du processus. Mais c’était difficile de concilier un projet d’une telle envergure avec nos priorités du moment. En tant que détaillant, nous n’avons pas toujours de visibilité sur toutes les informations nécessaires, en particulier lorsqu’il s’agit de données provenant de nos fournisseurs. Nous avons envoyé des enquêtes pour recueillir les données nécessaires, mais ça n’a pas été sans difficultés. Certains ne savaient pas qui, au sein de leur organisation, devait répondre à l’enquête, tandis que d’autres ont mis du temps à nous répondre parce que c’était la première fois qu’ils recevaient de telles demandes. Ce manque de familiarité et de coordination nous a fait perdre du temps pour obtenir les informations dont nous avions besoin.

Combien de temps s’est écoulé entre le début et la fin, lorsque vous avez finalement reçu l’annonce de la certification officielle d’Altitude Sports?

Deux ans. Notre feuille de route ESG a été approuvée par le conseil d’administration en 2022 et nous sommes officiellement certifiés depuis le 10 juillet 2024.

De quelle partie de ce processus êtes-vous particulièrement fier?

La publication de notre premier rapport d’impact à la fin de l’année 2023 était une étape importante et faisait partie intégrante du processus. B Corp nécessite la collecte d’un grand nombre d’informations importantes, et le rapport d’impact nous a permis de présenter ces données dans un format digeste pour le grand public. Il contient également certains de nos objectifs, ce qui nous oblige à les atteindre puisqu’il est publié. De plus, il nous oblige à avoir un dialogue ouvert à l’interne - et à l’externe - sur nos engagements.

Avez-vous d’autres conseils à donner à une entreprise qui souhaite obtenir la certification B Corp?

Un bon conseil que j’ai reçu est le suivant : « Commencez avant d’être prêt » Vous n’aurez pas toutes les réponses au début, mais à mesure que vous progresserez, le chemin sera de plus en plus clair. N’ayez pas peur de poser des questions à vos fournisseurs et à vos partenaires; B Corp dispose de nombreuses ressources et d’un réseau dynamique d’entreprises. Votre feuille de route finira par se développer.

Ne cherchez pas à obtenir la certification B Corp uniquement pour la certification elle-même. Elle doit faire partie intégrante des valeurs de votre entreprise. Votre conseil d’administration et vos investisseurs doivent vous soutenir dans cette démarche. Veillez à inclure ce processus dans votre budget annuel, car vous aurez besoin d’un soutien externe.

Vous devez aussi créer une équipe qui sera chargée de superviser le projet, avec un responsable dédié qui peut soutenir un projet à l’échelle de l’entreprise. Veillez également à ce qu’un parrain de projet puisse vous soutenir tout au long du processus. Nous remercions tout particulièrement Alexandre Guimond, co-PDG, qui a joué ce rôle.

Altitude Sports a obtenu la certification B Corp et doit la conserver. Comment envisagez-vous de progresser?

B Corp n’est pas quelque chose que l’on atteint et que l’on oublie. Nous nous sommes engagés sur des objectifs clairs et nous avons l’intention de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les atteindre. Pour B Corp, nous aurons une recertification en juillet 2027, par exemple.

Nous visons également à ce que 20 % de nos livraisons soient effectuées avec des véhicules 100 % électriques et que 35 % de nos livraisons incluent un dernier kilomètre avec un véhicule électrique. Nous voulons faire don d’un minimum de 150 000 $ à nos trois OBNL dans le cadre de notre programme semestriel Alti Action, que nous organisons depuis 2017. Cette année, nous lançons un programme de bénévolat pour nos employés, qui souligne notre engagement à avoir un impact positif sur notre communauté et l’environnement. L’important est de toujours nous améliorer.

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Vous aimeriez plus d’informations sur le processus? Contactez-nous à l’adresse suivante : [email protected].

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L’avenir avec BLACKYAK : La marque de Séoul prend d’assaut l’industrie de l’alpinisme https://kinsta.altitude-sports.com/fr/lavenir-avec-blackyak-la-marque-de-seoul-prend-dassaut-lindustrie-de-lalpinisme/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/lavenir-avec-blackyak-la-marque-de-seoul-prend-dassaut-lindustrie-de-lalpinisme/#respond Thu, 30 Sep 2021 13:41:38 +0000 https://altitude-blog.com/?p=89108 Gratte-ciels et chaleur. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit en sortant de l’aéroport d’Incheon, et ma première impression de la Corée du Sud à mesure que l’on avance dans le trafic de Séoul. Le thermomètre indique 35°C. Au loin, des montagnes arrondies aux sommets orangés bordent la ville. Sur l’autoroute à … Read the article

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Gratte-ciels et chaleur.

Ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit en sortant de l’aéroport d’Incheon, et ma première impression de la Corée du Sud à mesure que l’on avance dans le trafic de Séoul. Le thermomètre indique 35°C. Au loin, des montagnes arrondies aux sommets orangés bordent la ville. Sur l’autoroute à cinq voies, une flotte de Kia et de Hyundai nous entoure. Notre chauffeur jette de rapides coups d’oeil aux deux Samsung Galaxy fixés au tableau de bord. Les écrans sont partout et nous martèlent de publicités. Ici, la technologie est omniprésente.

On est en juillet, mais je suis à Séoul pour découvrir BLACKYAK, une marque renommée de vêtements d’alpinisme testés sur l’Everest. Parallèlement, j’aurai droit à un cours accéléré sur la culture coréenne durant la plus chaude semaine de l’été.

Mes pensées défilent au rythme des rues du district de Gangnam, qui regroupe 26 quartiers et les sièges sociaux de Samsung et de BLACKYAK. Et ce n’est qu’une partie de cette mégapole de 25 millions d’habitants. Autrement dit, je suis dépassé par les évènements. Gangnam – le centre culturel, technologique et des affaires de Séoul – si son nom vous rappelle quelque chose, c’est sans doute en raison de la forte influence de la culture coréenne en Occident. Avec Gangnam Style et les séries de K-Drama sur Netflix, la K-Wave a prit d’assaut le globe. Il n’y a pas de quoi s’étonner que la Corée du Sud ait été nommée le pays le plus innovateur pendant 6 années consécutives par le groupe Bloomberg.

Je dépose mes bagages dans la chambre et je sors rejoindre le groupe sur le toit de l’hôtel. Au loin, les tours sont plongées dans la lumière rougeâtre du coucher de soleil.

Comment Séoul en est-elle arrivée à devenir la terre d’accueil de la plus grande marque d’alpinisme en Asie? C’est la question que je me pose, et pourtant l’explication que me sert Tae Sung Kang, le PDG de BLACKYAK, va de soi. La Corée est constituée à 75% de montagnes. Son histoire même est ancrée dans l’alpinisme. Il est possible de grimper et de randonner dans des sentiers accessibles à même la ville. Sans parler de Pyeongchang, tout près, qui a été l’hôte des Jeux olympiques d’hiver en 2018.

Kang a 70 ans et pratique encore avidement l’alpinisme. Je le rencontre autour d’un café à l’intérieur de l’impressionnant HQ de la marque, fondée en 1973. BLACKYAK compte aujourd’hui plus de 300 boutiques dispersées à travers l’Asie. Des oeuvres montrant le yak de l’Himalaya décorent les murs des bureaux et servent d’inspiration pour le fondateur. M. Kang me raconte qu’un yak l’a sauvé en lui montrant le chemin à suivre, alors qu’il s’était perdu lors d’un trek au Népal plusieurs années plus tôt.

Au siège social il y a donc des images de yak, mais aussi des vêtements. C’est d’ailleurs en les regardant de plus près que je saisis comment BLACKYAK s’est taillé une place au sein de l’élite du gear outdoor. Plusieurs morceaux de la collection d’hiver possèdent des constructions hybrides, en intégrant jusqu’à quatre tissus techniques en un seul manteau. Ce sont toutes des pièces imperméables, coupe-vent et hautement mobiles. Le poids? Minimal, bien entendu. Ce n’est pas pour rien que la marque a déjà reçu 19 prix ISPO depuis sa percée sur le marché occidental. Comme toutes les autres entreprises coréennes, les produits parlent d’eux-mêmes et ça fonctionne.

L’ascension de BLACKYAK

À 7h du matin, je me retrouve entassé entre les membres du BLACKYAK Alpine Club (B.A.C.) dans un autobus qui jette un éclairage bleuté sur nos visages. Le bus roule vers le parc national de Chiaksan où, après un bref arrêt chez Krispy Kreme, des formations d’alpinisme et d’escalade attendent les employés – et moi par le fait même. Arrivés à la base du Birobong, qui culmine à 1439 mètres d’altitude, il fait 35°C. Mon chandail en mérinos Fulani lutte pour repousser la sueur qui me perle dans le dos.

Aussitôt sortis du bus, on nous tend sacs de poubelle et pics de vidangeurs. La randonnée s’inscrit dans l’événement Clean the Mountain, une des initiatives de BLACKYAK pour préserver les montagnes avoisinantes. Au printemps, M. Kang a pris part au nettoyage du camp de base de l’Everest. Après l’innovation, la préservation de l’environnement est une autre corde qui s’ajoute à l’arc de la compagnie.

La veille, c’est dans un café d’un quartier huppé de Séoul que je me suis assis avec l’équipe marketing de BLACKYAK. Ils me parlent de leurs initiatives pour réduire la dégradation de l’environnement, qui comprend l’éducation des consommateurs. Le slogan Made for Missions s’inscrit dans ce mode de pensée. Les vêtements de la marque sont reconnus pour leur qualité exceptionnelle. Le développement durable n’est pas que la saveur du mois, c’est un mode de vie à adopter. C’est l’idée que BLACKYAK tente de transmettre en fabriquant des produits qui durent – et qui encouragent le client à acheter moins.

Séoul du passé au futur

Pour comprendre le futur, il est nécessaire d’examiner le passé. Si Séoul est une merveille de modernité, c’est que la ville a été en grande partie détruite durant la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. Située entre la Chine, le Japon et l’Asie du Sud, la Corée bénéficie d’un emplacement idéal au cœur du 21e siècle. Cela permet à BLACKYAK d’avoir un accès direct aux marchés en constante expansion et aux manufactures de pointe, les mêmes qui fabriquent l’équipement haut de gamme pour toute l’industrie du outdoor.

Hugh, le Global Senior Manager, m’emmène poursuivre ma visite de la capitale. Voir la première boutique BLACKYAK, inaugurée par M. Kang, m’aidera à comprendre l’évolution de la marque. On atterrit donc dans un district où les petits magasins de plein air sont nombreux. Tout un contraste avec Gangnam, les gratte-ciels et l’impressionnant siège social visité il y a à peine 24 heures. On saute dans un taxi qui nous conduit au traditionnel marché Gwangjang où on s’attable entre les kiosques de vendeurs de dumplings, de poisson frit et de viandes grillées. De nombreuses photos d’Anthony Bourdain, un habitué de l’endroit, jonchent les murs et le sol.

On n’est pas complètement intégré à une culture sans avoir mangé sa nourriture et en Corée, le BBQ ne se fait pas sans soju. Cet alcool translucide et incolore est un accompagnement incontournable à toutes les viandes. Hugh, que je suis sans me faire prier, me conduit donc dans un restaurant dont les murs sont ornés de centaines de bouteilles vides de soju. Pendant qu’on dispose toutes les coupes de porc imaginables dans nos assiettes, on trinque aux nouvelles amitiés… et à tout le reste qui mérite aussi un toast – et il y en a beaucoup. Comme ce voyage en est un de découverte, j’y apprends aussi l’étiquette des soju bombs. Fait étonnant: l’alcool de riz se mélange très bien à la bière. 

La soirée est encore jeune et la Corée, infatigable. Peut-être est-ce en raison des lumières de la ville ou du son des bars de karaoké avoisinants, mais mon niveau d’énergie est à son plus haut. Une première depuis que j’ai mis les pieds en Asie. Le Lotte World Tower, le 5e plus haut gratte-ciel au monde, est illuminé comme pour nous encourager à rester éveillés. En bons amateurs de sports, Hugh et moi décidons de nous rendre dans un bar qui diffuse une partie de baseball de la KBO (Korean Baseball Championship). Autour de nous, les jeunes Coréens arborent vêtements streetwear  aux tons neutres et sneakers fashion à la mode du moment. 

Atteindre de nouveaux sommets

Le réveil est difficile, mais motivé par la visite d’une autre infrastructure signée BLACKYAK. Localement, la marque promeut la culture de l’alpinisme à travers leur tout nouveau centre situé dans le nord de Séoul. Le bâtiment ultramoderne comprend un mur d’escalade sous-terrain, un gym pour les enfants, une boutique et plusieurs entraineurs. Au deuxième étage, un café trendy à la façade entièrement vitrée permet aux parents d’observer leur progéniture grimper tout en discutant autour d’un latté. De la terrasse sur le toit, on aperçoit au loin les voies d’escalade dont les ancrages ont été installés par nul autre qu’Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia, envoyé en Corée pendant la guerre. À mon tour, je m’essaie à l’escalade de bloc… et constate que je ne suis pas un grimpeur né – mettez cela sur le compte des soju bombs d’hier. À en juger par les aptitudes des enfants qui eux atteignent le haut du mur, je ne crains pas que l’avenir de l’alpinisme en Corée soit assuré.

Assis dans le siège de l’avion, je tape sur le clavier de mon ordinateur le récit de ce voyage. Bon temps et chaleur suffocante m’ont accompagné au cours de cette excursion dans l’univers de BLACKYAK. Si mes connaissances de la marque étaient minimes à mon départ, la Corée m’a prouvé qu’ici, elle règne en maître sur l’industrie. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle marche dans les pas des autres géants coréens. Séoul est l’avenir et BLACKYAK est ce qui s’en suit. 

Découvrez les produits BLACKYAK

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À la rencontre d’une marque à la sagesse millénaire https://kinsta.altitude-sports.com/fr/sherpa-adventure-gear-nepal/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/sherpa-adventure-gear-nepal/#respond Wed, 07 Oct 2020 18:44:00 +0000 https://altitude-blog.com/?p=101067 Prenez la route de Katmandou et découvrez les splendeurs de la capitale népalaise, là où Sherpa Adventure Gear fait toute la différence dans les communautés locales.

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Dans la brume naissante de l’aube, nous prenons la route sineuse qui mène à Naktapor, en espérant apercevoir les premiers rayons du soleil, pour l’instant caché derrière les montagnes. Dehors, l’air est pur, et le brouillard qui se dissipe enfin révèle en contrebas une vallées aux mille couleurs. Dans le ciel matinal, la chaîne de l’Himalaya se dévoile sous nos yeux. Et là-bas, plus loin encore vers l’est, les sommets recouverts de neiges éternelles émergent au milieu des nuages. 

L’Himalaya, berceau de l’Everest, est un lieu de pèlerinage quasi mythique pour les alpinistes depuis plus d’un siècle. Plusieurs légendes y ont perdu la vie, en tentant parfois en vain de gravir ses sommets glacés. Là-bas, sur les flancs escarpés des montagnes résonne un nom que les alpinistes murmurent avec admiration—Sherpa. Ce nom, commun à ce peuple indigène de l’est du Népal, est également le nom des fameux guides de montagne et héros de l’Everest trop souvent oubliés des livres d’histoire. Le monde entier connaît pourtant les sherpas comme ces guides quasi infaillibles de l’Himalaya, menant les expéditions en haute altitude, naviguant vallées enneigées et étroites corniches pour ouvrir le chemin aux alpinistes.

En mars dernier, Altitude Sports s’est rendue aux confins de l’Asie du Sud afin de rencontrer l’équipe derrière Sherpa Adventure Gear, la compagnie népalaise qui célèbre les héros méconnus de l’Everest, redonne à sa communauté et vise à créer un monde meilleur pour tous les habitants du Népal.

Notre résidence pour la semaine est un confortable petit bed & breakfast situé au même endroit que le siège social, le studio et la boutique principale de Sherpa Adventure Gear au Népal. C’est ici, au petit matin, que nous accueille Mingma Sherpa. Ambassadeur chez Sherpa Adventure Gear et propriétaire de l’un des magasins de la marque au Népal, Mingma est notre guide pour cette expédition, et il partage avec nous l’histoire millénaire de Katmandou alors que l’on déambule à travers les étroites ruelles et le remue-ménage des marchés de la ville.

Nos premières journées sont passées à explorer la ville et ses environs, du quartier touristique de Thamel jusqu’à la périphérie de Katmandou et le stupa Swayambhunath. Aussi connu sous le nom de Temple des Singes, il doit son nom à la multitude de petits singes qui vivent dans les environs du temple. Singes qui nous laissent heureusement en paix lorsque nous montons les marches du temple. Au sommet: une vue imprenable sur la vallée de Katmandou.

En ville, le Festival Holi bat son plein. Fêtée en Inde, dans plusieurs pays de tradition hindoue en Asie et à travers le monde, cette célébration commémore l’arrivée du printemps. On navigue en pousse-pousse les rues de Katmandou en direction de la place du Darbâr, là où se déroulent les festivités. Recouverts de la tête aux pieds de poudre de toutes les couleurs, des « Happy Holi » retentissant dans nos oreilles, on réussit à se mêler à la foule et à profiter de la vue à partir d’une terrasse en hauteur.

Après une poignée de jours à peine passés dans la capitale népalaise, une chose nous saute aux yeux: Katmandou est une véritable palette de couleurs. Des représentations sur les murs des temples bouddhistes aux bâtiments multicolores du centre-ville, en passant par les visages colorés des participants au fameux Festival des couleurs, se fondre dans la masse et plonger dans l’agitation de Katmandou devient une seconde nature. 

Alors qu’il nous guide à travers le labyrinthe d’effervescence que sont les ruelles animées de Katmandou, Mingma nous raconte l’importance des drapeaux de prières que l’on aperçoit partout dans la ville. Indissociables de la culture népalaise et des traditions bouddhistes, ces drapeaux colorés représentent les cinq éléments—le bleu pour l’eau, le jaune pour la terre, le vert pour le métal, le rouge pour le feu et le blanc pour les nuages. On dit que les drapeaux flottant au vents aident à disperser des messages de paix, de sagesse et de joie aux alentours. 

Résolument moderne, Sherpa Adventure Gear reste profondément marquée par ses racines ancestrales. Celles-ci inspirent d’ailleurs ses designs, tout droit tirés d’un passé révolu, où l’on voit les drapeaux de prières et le noeud sans fin de la tradition bouddhiste. Puisant son expertise dans une manufacture locale où plusieurs femmes fabriquent les chapeaux de la marque, Sherpa Adventure Gear s’intéresse tout aussi bien à ce que vous pouvez faire avec ses vêtements qu’à l’origine de ceux-ci. 

Dans le même immeuble que notre bed & breakfast se trouve donc le siège social de Sherpa et son studio de production, où nous rencontrons Tsering Sherpa, le fils du fondateur Tashi Sherpa. Après une enfance passée à Seattle, où se trouvait auparavant le siège social, il est revenu au Népal pour y vivre avec sa femme, Tenzil Dhasel. Le couple supervise les opérations de A à Z, incluant les usines de productions de Sherpa au Népal et en Inde. 

Directeur de la technologie chez Sherpa, Ram Kumar travaille avec Tashi dans l’industrie du textile depuis plus de 35 ans, bien avant la fondation de Sherpa en 2003. C’est lui qui est en charge du design et des motifs des vêtements Sherpa avant même l’étape des protoypes. Les motifs sont créés à la main, et Sherpa s’assure de travailler avec les plus récentes technologies de l’industrie afin de leur donner vie. 

Si les machines les plus récentes peuvent assurer une qualité optimale, elles ne peuvent empêcher le surplus de tissu inutilisé. Avoir le studio de design juste à côté de la boutique principale a cependant ses avantages, et permet par exemple d’utiliser ce surplus de tissu pour créer des vêtements en quantité limitée, exclusifs à la boutique. Ainsi, Sherpa peut lancer des produits spécifiques à son marché local, comme ses fameux chouchous pour les cheveux (appelés Puna, qui signifie « encore » en sanskrit). Les résidus de tissu trop petits pour être réutilisés sont donnés à Khaalisisi, qui collecte et recycle les tissus et matériaux non utilisés.

Si la visite du studio nous permet d’apprécier la production locale, la rencontre avec Subrat Dhittal nous donne un aperçu de la production à grande échelle de Sherpa. Chef du studio et partenaire de Tashi depuis plus de 30 ans, il explique comment le studio se sert d’outils technologiques afin d’imprimer par sublimation les motifs sur le tissu, ce qui assure un maximum de détails et empêche le motif de peler au lavage. 

Avant de se rendre à l’usine de tricot de Sherpa, nous passons la matinée dehors, à explorer les merveilles de Bhaktapur, ville située dans l’est de Katmandou. Nombreux sont les artisans au détour des ruelles, qui s’affairent à peindre des toiles finement décorées d’icônes de la tradition bouddhiste. Un représentant de Sherpa vient finalement nous rejoindre, et nous nous rendons à l’usine de tricot. 

Celle-ci, appelée la women’s knitting factory, fait partie de la vision de Sherpa depuis les tout débuts. Ce programme offre un emploi stable à des femmes népalaises, qui à leur tour conçoivent tous les chapeaux en laine de l’entreprise. C’est environ 25 femmes qui travaillent à l’usine à temps plein. 

Rita travaille à l’usine depuis 12 ans. Véritable couturière dans l’âme, elle passe une bonne partie de son temps libre à coudre et à tricoter. Avant d’y être embauchée, elle venait régulièrement à l’usine se procurer de la laine. Voyant une opportunité de mettre ses talents à profit et de gagner un revenu supplémentaire pour sa famille, elle commence à travailler à l’usine. Aujourd’hui, avec le reste des femmes qui travaillent avec elle, elle tricote environ 5 chapeaux tous les jours. Les femmes peuvent travailler à leur rythme. Si la demande augmente trop rapidement, Sherpa est prête à embaucher jusqu’à 300 travailleurs indépendants. Et même si elles ont la possibilité de travailler de la maison, la plupart des couturières choisissent quand même de venir à l’usine. 

La voiture navigue avec aisance les rues animées de Katmandou. Le chaos qui règne à travers la métropole ne semble aucunement déranger Mingma, qui nous raconte l’importance de la Sherpa’s Scholarship. Chaque produit vendu par Sherpa offre une journée d’école à un enfant, et donne ainsi la chance à plusieurs enfants des environs de fréquenter un pensionnat de Katmandou. 

Mingma et sa femme Yangji travaillent directement avec les enfants depuis les débuts du programme. Il est originaire d’un petit village montagnard, Namche Bazaar, dans le district de Solukhumbu. Méconnu, ce hameau se situe pourtant au pied de la plus célèbre montagne au monde: l’Everest. Il s’agit également de la région d’origine des enfants qui participent au programme de la Sherpa’s Scholarship. Comme Mingma et Tashi, ces enfants portent le nom de famille Sherpa, commun à ce peuple indigène de l’est du Népal, où est situé le district de Solukhumbu. Le programme a commencé avec à peine une poignée d’élèves, et ils sont maintenant presque une douzaine, âgés entre 5 et 15 ans. 

Nous arrivons à l’école tout juste avant l’heure du lunch. Les élèves, portant fièrement leur bel uniforme rouge, nous accueillent et nous entraînent vers la bibliothèque, où ils nous expliquent le programme, ses avantages, et ce qu’ils pensent faire à la sortie du pensionnat. Pour les plus jeunes, comme Dawa, la question ne se pose pas encore, mais pour certains des plus vieux comme Jigmey, qui participe au programme depuis le début, le moment est venu de se préparer à la prochaine étape, où il compte étudier l’informatique. 

Les enfants nous parlent de leurs cours, groupes de musiques et athlètes préférés, ce qui donne l’occasion à tout le monde de surmonter sa timidité et d’échanger avec nous. Ils suggèrent ensuite une visite de l’école, et nous montrent où les cours se tiennent. 

Alors qu’on arrive aux dortoirs, les enfants nous racontent une journée typique au pensionnat. Une journée ordinaire commence à 5h du matin et se poursuit jusqu’à 17h, avec quelques pauses et sessions d’études à travers la journée. Les enfants passent tout leur temps ici, le pensionnat faisant office de maison pendant leur séjour. Plusieurs fois par année, Mingma organise un voyage dans les villages des montagnes, ce qui permet aux enfants de rentrer chez eux et de revoir leurs familles. 

Nous finissons notre visite au moment même où la cloche sonne, indiquant la récréation. Alors que nos nouveaux amis se précipitent vers leurs camarades et vers le terrain de jeu avant le début des classes de l’après-midi, nous remontons dans la voiture pour continuer la journée. La voiture s’éloigne lentement alors que résonnent les rires des enfants au milieu de l’une des phrases qu’ils nous ont appris: feri bettum la. Jusqu’à la prochaine fois. 

Le Népal recèle des merveilles architecturales. Situé en bordure de la Vallée de Katmandou, le stupa Boudhanath a donné naissance à bon nombre de légendes dans le folklore local. Un mythe tibétain indique qu’au 14e siècle, une éleveuse de buffles souhaitait faire construire un stupa (un sanctuaire dédié à la méditation), mais qu’elle ne possédait pas suffisamment de terres. Le roi lui proposa un marché: si elle lui apportait une peau de buffle, elle pouvait faire bâtir un stupa de la même grandeur que celle-ci. L’éleveuse, souhaitant obtenir la plus longue peau possible, coupa celle-ci sur la longueur jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’une corde, beaucoup plus longue que l’original. Et c’est ainsi que le stupa Boudhanath est aujourd’hui l’un des plus grands au monde.

Après des débuts modestes, Sherpa Adventure Gear est aujourd’hui bien implantée sur la scène mondiale. Tashi, le fondateur, a vu tout le potentiel de la compagnie à voir plus loin que les simples vêtements. À travers le fond de Sherpa Adventure Gear, plusieurs étudiants ont la chance de fréquenter l’école et de recevoir une éducation de qualité. En misant sur la Women’s Knitting Factory, l’entreprise peut concevoir ses vêtements tout en aidant des femmes locales à subvenir aux besoins de leur famille. 

Fidèle aux traditions, Sherpa oeuvre dans le respect de l’environnement, par exemple en s’assurant que les résidus de tissu non utilisés peuvent trouver une seconde vie. Ce n’est pas une coïncidence si son logo, le noeud sans fin, représente la réincarnation dans la tradition bouddhiste. Inspirée par le passé, le présent et le futur, Sherpa est déterminée à asseoir sa position dans le monde du plein air, et à continuer de faire partie intégrante des communautés népalaises, dans les montagnes environnant Katmandou. 

Découvrez Sherpa Adventure Gear

Des designs heritage aux vêtements ultratechniques

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Patagonia et la révolution de l’agriculture régénératrice https://kinsta.altitude-sports.com/fr/patagonia-agriculture-regeneratrice/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/patagonia-agriculture-regeneratrice/#comments Thu, 28 May 2020 15:08:55 +0000 https://altitude-blog.com/?p=96471 L’agriculture aurait-elle le pouvoir de renverser le réchauffement de la planète? C’est en tout cas ce que semble croire Patagonia, célèbre entreprise californienne réputée pour ses vêtements de plein air, qui fait des changements climatiques son cheval de bataille.

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En partant pour la Californie, je ne pensais pas me retrouver sur une ferme, les mains dans la terre, à jardiner avec les précurseurs d’un véritable bouleversement agricole. En fait, malgré son surnom de potager de l’Amérique, je croyais l’État américain ravagé par des années de sécheresse et d’incendies dévastateurs. 

Pourtant, c’est ici que Patagonia travaille sur son nouveau projet: l’agriculture régénératrice. Son slogan est formel. «We’re in business to save the planet» (En affaires pour sauver la planète). Ambitieux? Peut-être. Mais quand Patagonia se met à nous expliquer les principes de son nouveau plan, on commence nous aussi à y croire. Avant d’entrer dans les détails, disons simplement ceci: cela pourrait changer complètement la face du monde.

Le siège social de Patagonia, à Ventura, Californie. Au fond, le Pacifique.

Ceux qui font les choses différemment

Le soleil brûlant de Ventura brille au-dessus de nos têtes alors que nous nous dirigeons vers le siège social de Patagonia, près de la mer. 

Patagonia, c’est probablement l’ultime compagnie responsable. Fondée en 1972 par le grimpeur Yvon Chouinard, elle n’en est pas à ses débuts dans l’industrie du plein air. Ni dans les initiatives environnementales. Dans les années 1990, alors que le monde commence à peine à entendre parler des changements climatiques, Patagonia fait le pari risqué du coton bio. En 1996, l’entreprise n’utilise que du coton 100% biologique. «Certains disaient que c’était du suicide, se rappelle Nicholas Ruiz, qui travaille aux archives de la marque. Mais c’était important pour nous de montrer à notre clientèle pourquoi on avait pris cette décision. On ne pouvait plus continuer à travailler avec autant de pesticides, nocifs pour l’environnement et pour les fermiers.» Les consommateurs ont suivi.

Image tirée des archives de Patagonia, illustrant leur transition vers le bio en 1996.

Austin, du marketing, en rajoute. «On a toujours attiré une clientèle assez consciencieuse, qui partage les valeurs de la compagnie depuis ses débuts, me dit-il, alors que l’on déambule à travers le siège social.» Et les débuts de Patagonia, c’est la Clean Climbing. Avant de se lancer dans la fabrication de vêtements, Yvon Chouinard, le fondateur, conçoit de l’équipement d’escalade. Ce qu’il y a de spécial, c’est que contrairement à tout ce qui se fait sur le marché, il le conçoit de façon à ne pas abîmer la roche des montagnes. Comme quoi Patagonia a toujours su réduire son impact environnemental.

«Le bio, ce n’est pas suffisant»

Mais la marque reconnaît qu’il y a plus à faire encore. «Le bio, c’est un pas dans la bonne direction. Mais ce n’est pas suffisant.» Cara Chacon, qui dirige le programme d’agriculture régénératrice chez Patagonia, peine à contenir son enthousiasme pour cette idée à la fois avant-gardiste et millénaire. Millénaire parce qu’il s’agit en fait de retourner aux méthodes ancestrales. De limiter le labour des sols, de pratiquer la culture associée (cultiver plusieurs espèces végétales qui se protègent entre-elles), d’implanter un couvert végétal… C’est un retour à la manière des premiers fermiers. Mais cette fois-ci, quand on connaît les effets bénéfiques que ces pratiques ont sur l’écosystème, cette idée prend une tournure plus importante encore.

Compost, labour limité des sols… Les pratiques régénératrices sont souvent très simples.

L’agriculture biologique s’assure qu’on n’utilise aucun pesticide toxique. Mais c’est à peu près tout. «L’agriculture régénératrice, elle, permet de reconstruire la matière organique du sol et de restaurer la biodiversité, afin de rendre la terre cultivable plus productive et plus en santé. Ensuite, et c’est le plus important, un sol régénéré permet d’emmagasiner d’importantes quantités de carbone.» Selon plusieurs études scientifiques, l’agriculture régénératrice pourrait ainsi bien être la meilleure façon de réduire le taux de CO2 dans l’atmosphère et de renverser le réchauffement climatique. 

Les trois pilliers de la ROC: la santé du sol, le bien-être animal et la responsabilité sociale.

«On travaille actuellement sur la ROC (Regenerative Organic Certification, le projet de certification d’agriculture régénératrice), m’explique Cara. C’est un projet pilote qui va plus loin que le seul aspect biologique. La ROC repose sur trois piliers: la santé du sol, le bien-être animal et le côté équitable pour les fermiers.»  

Elle me dit que Patagonia fait de l’agriculture régénératrice son principal focus, avec des projets pilotes prometteurs de culture du coton en Inde et aux États-Unis. Pour Cara, cela ne fait aucun doute: c’est la solution du futur. 

Des résultats encourageants

On quitte maintenant Ventura et le Pacifique pour s’aventurer une vingtaine de kilomètres au nord. À Ojai, petite ville nichée au creux des montagnes. Véritable oasis parsemée d’oliviers et d’avocatiers, Ojai donne cette impression sereine d’être hors du temps. C’est ici que je visite la ferme biologique Steel Acres, l’un des partenaires de Patagonia, qui cultive fruits et légumes en utilisant des méthodes régénératrices. 

L’équipe d’Altitude Sports et de Patagonia avec Emily Staalberg, à la ferme Steel Acres, dans les montagnes d’Ojai.

J’ai la chance de comprendre directement comment tout cela fonctionne. Sous les cris incessants des oiseaux et le caquètement des poules, je rencontre Emily Staalberg, la propriétaire. Un large sourire au visage, chemise blanche et mains pleines de terre, elle m’explique qu’en seulement 3 ans, elle a réussi à augmenter la matière organique du sol de 2%. Si ça semble peu, c’est en réalité une énorme différence. Les bénéfices de l’agriculture régénératrice restent d’ailleurs les mêmes, que l’on cultive du coton ou de la nourriture. On peut voir rapidement des résultats tangibles dans la santé et la productivité du sol.

Un sol riche et vivant, grâce aux méthodes régénératrices.

On poursuit la discussion pendant l’heure du lunch. Au menu: lentilles, légumes, salade et jus d’orange bio. Un repas tout droit tiré de la ferme. Assise à l’ombre des orangers, Emily jette un coup d’oeil vers les rangées de laitues, à quelques pas derrière nous, qui poussent sous le soleil de midi. «La terre est résiliente, me dit-elle. Avec des pratiques régénératrices, on a montré qu’on pouvait redonner vie aux terres dégradées. C’est ce qu’on fait ici.»

Le sol nous donne tout le nécessaire, incluant le lunch.

Une évolution des mentalités

De retour au siège social, à Ventura, où je suis accueillie par Phil Graves. Responsable de Tin Shed Ventures, le fond de capital risque de Patagonia, il supervise l’implication de la marque au sein de la ROC. «On utilise du coton bio depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui, seulement 1% de tout le coton de l’industrie du textile est issu de l’agriculture biologique.» Même après tout ce qu’on entend sur les pesticides et le manque d’eau? Il hoche la tête. «C’est l’un de nos plus grands échecs en tant qu’entreprise. Nous n’avons pas su inspirer les autres.»

L’entrée du siège social, à Ventura.

Mais la situation est différente aujourd’hui, estime-t-il. Les fermiers subissent désormais de plein fouet les conséquences du réchauffement. Les feux de forêts dévastent les champs, et les hivers trop chauds ruinent les récoltes. «Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe, c’est beaucoup plus facile de convaincre les agriculteurs de suivre nos traces et de s’intéresser à la ROC», soutient-il. Avec l’agriculture régénératrice, il espère faire avancer les choses.

« Cotton in Conversion », une gamme qui soutient les fermiers dans leur transition vers le 100% bio.

Tin Shed Ventures investit dans des startups dont le succès économique est intimement lié au bien-être de la planète. Elle mise également sur les entreprises qui veulent s’initier aux principes de l’agriculture régénératrice. Ce sont d’ailleurs des milliers d’entreprises qui ont fait la demande de travailler avec Tin Shed Ventures. La preuve que les choses commencent enfin à changer. Et que les gens commencent à comprendre.

«On ne veut pas faire ça tout seul»

Les quelques jours passés avec l’équipe de Patagonia me font entrevoir l’avenir d’un oeil nouveau. Plus optimiste. Il y a une certaine ironie à l’histoire, quand même. L’agriculture est l’une des activités les plus pollueuses qui soient pour l’environnement. Qu’elle puisse également être celle qui renverse le processus de réchauffement climatique est tout un paradoxe. 

Augmenter la durée de vie des produits, concevoir ceux-ci en utilisant des pratiques qui ont un réel impact pour la planète, convaincre tout le monde… Patagonia ne chôme pas. «La dernière chose qu’on veut, c’est faire ça tout seul», me dit Matt Dwyer, en parlant de la certification ROC. Casquette Patagonia marine sur la tête, il est responsable des matériaux et de l’innovation. 

«On veut laisser le monde dans un meilleur état que nous l’avons trouvé, me dit-il, tout simplement. Et on a trouvé en l’agriculture régénératrice le moyen de le faire.» 

Le temps commence à presser

Dernière soirée en Californie. Je quitte la cohue du siège social pour me diriger vers la mer. Spot réputé, la plage de Surfers Point s’étire sur quelques kilomètres de galets et de sable blond. Dans l’eau, les surfeurs s’élancent en quête de la meilleure vague. Insoucieux, peut-être, au fait que nous sommes en train de détruire notre environnement. Et que dans le monde de demain, profiter d’une nature intacte relèvera peut-être du miracle.

La ROC et l’agriculture régénératrice ne sont encore qu’un projet pilote, mais elles ont un véritable potentiel. Celui de renverser le processus du réchauffement de la planète. Rien de moins.  

Vue aérienne de la ferme Steel Acres, à Ojai.

Au milieu de tout ce pessimisme et des désastres causés par l’homme, ma rencontre avec ces artisans du changement est un véritable souffle de fraîcheur. Il n’est pas trop tard pour sauver la planète. Habituée d’être à l’avant-garde et de faire les choses différemment, Patagonia l’a bien compris. Et saura, je n’ai aucun doute, convaincre l’industrie de lui emboîter le pas. 

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Quartz Co. contre la COVID-19: Vêtements médicaux d’ici https://kinsta.altitude-sports.com/fr/quartz-vetements-medicaux/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/quartz-vetements-medicaux/#comments Wed, 20 May 2020 13:25:41 +0000 https://altitude-blog.com/?p=96361 La semaine dernière, on vous parlait de l’effort remarquable d’Arc’teryx à concevoir de l’équipement médical destiné aux professionnels de la santé. Cette fois, c’est Quartz Co., une autre entreprise fièrement canadienne, qui rejoint la lutte contre la pandémie de COVID-19. Le 20 avril dernier, la marque basée au Québec a réouvert ses usines afin de … Read the article

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La semaine dernière, on vous parlait de l’effort remarquable d’Arc’teryx à concevoir de l’équipement médical destiné aux professionnels de la santé. Cette fois, c’est Quartz Co., une autre entreprise fièrement canadienne, qui rejoint la lutte contre la pandémie de COVID-19. Le 20 avril dernier, la marque basée au Québec a réouvert ses usines afin de fabriquer des masques, des blouses et des cagoules destinés aux hôpitaux d’ici.

Une entreprise d’ici, pour les gens d’ici

Basée au Québec, Quartz Co. exploite deux usines dans la province, une à Montréal et une à Victoriaville. C’est plus d’une centaine d’employés qui travaillent dans ses manufactures. Avec une présence bien implantée sur la scène internationale, Quartz Co. continue de fabriquer ses célèbres manteaux d’hiver ici même au Canada. 

Pour le président de Quartz Co., Jean-Philippe Robert, développer une expertise de production locale a toujours été primordial. Dans une situation de crise comme celle créée par la pandémie de coronavirus, il est nécessaire plus que jamais de pouvoir compter sur une expertise d’ici.

Lire aussi >> Notre rencontre avec les 3 dirigeants de Quartz Co.

En première ligne: des vêtements médicaux Quartz Co. pour les professionnels de la santé

Reconnue pour la qualité de ses manteaux d’hiver, Quartz Co. a réouvert ses usines de production le 20 avril dernier. Son équipe est de retour au travail après un arrêt de quelques semaines, et elle se concentre principalement sur la conception de vêtements médicaux.

L’équipe de Quartz Co. produit plus de 1500 blouses d’hôpital tous les jours, et ce chiffre varie en fonction de la demande. Ces vêtements médicaux sont certifiés. Résultats de plusieurs semaines de recherche et développement, ils sont dotés d’élastiques aux poignets et de cordons ajustables. Offertes en plusieurs standards de qualité, les blouses sont également réutilisables.

En plus des blouses, Quartz Co. fabrique des cagoules d’isolation réutilisables et des masques portant les couleurs de la marque, dont certains seront inclus dans leur collection courante, destinée au grand public.

La sécurité au premier plan

L’entreprise québécoise place la sécurité de ses employés avant tout. La réouverture de leurs usines de production suivent à la lettre les directives du gouvernement. Ainsi, les espaces de travail sont nettoyés plus fréquemment, et les mesures de distanciation sociale sont respectées.

Malgré ces mesures, Quartz Co. ne ménage pas ses efforts à la communauté. En ces temps de crise, pouvoir compter sur des vêtements médicaux certifiés, fabriqués ici même au Canada, est un atout considérable.

Pour contacter Quartz Co. et recevoir plus d’informations sur la commande de vêtements médicaux: [email protected]

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Arc’teryx: Du plein air aux vêtements médicaux https://kinsta.altitude-sports.com/fr/arcteryx-covid-vetements-medicaux/ https://kinsta.altitude-sports.com/fr/arcteryx-covid-vetements-medicaux/#comments Fri, 08 May 2020 15:18:46 +0000 https://altitude-blog.com/?p=96182 Comme nous tous, Arc’teryx a entendu parler du manque d’équipements médicaux dans les hôpitaux et les cliniques. Et ils ont décidé de faire ce qu’ils font de mieux: fabriquer de l’équipement de protection, destiné aux professionnels de la santé. En avril, la marque canadienne s’est associée avec équipe d’ingénieurs et autres couturiers afin de concevoir de l’équipement … Read the article

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Comme nous tous, Arc’teryx a entendu parler du manque d’équipements médicaux dans les hôpitaux et les cliniques. Et ils ont décidé de faire ce qu’ils font de mieux: fabriquer de l’équipement de protection, destiné aux professionnels de la santé. En avril, la marque canadienne s’est associée avec équipe d’ingénieurs et autres couturiers afin de concevoir de l’équipement médical.

Une mission: équiper les professionnels de la santé contre la COVID-19

Arc’teryx a commencé par fabriquer 500 blouses de protection destinés aux professionnels de la santé en Colombie-Britannique. Mais l’entreprise voit plus grand. Elle est en ce moment en train d’en fabriquer plus de 30 000 autres. Au total, c’est quelques 90 000 jaquettes de protection qui seront conçues par Arc’teryx et ses associés, Mustang Survival et Boardroom Clothing.

La compagnie canadienne a même choisi de rendre leur modèle accessible en ligne via la BC Apparel & Gear Association, permettant ainsi à d’autres manufacturiers de fabriquer de l’équipement de protection pour le personnel soignant.

Nous avons eu la chance de rencontrer Arc’teryx (à distance, bien sûr) pour leur parler de leur projet.

Altitude Sports: Qu’est-ce qui vous a décidé à utiliser vos ressources pour fabriquer de l’équipement de protection?

Arc’teryx: En fait, on n’y a pas vraiment pensé. On a simplement entendu, comme tout le monde, un appel à l’aide provenant de nos communautés locales, et on a décidé de faire ce qu’on fait de mieux. Il n’y avait pas grand-chose à faire pour nous aux premières ligne de la pandémie, mais en tant que fabricants de vêtements, nous pouvions utiliser notre expertise pour concevoir de l’équipement de protection. Nous avons également choisi de rendre notre modèle public. Ce faisant, on espère inspirer d’autres manufacturiers à faire comme nous et à fournir des vêtements médicaux aux communautés locales, qui en ont cruellement besoin.

Altitude Sports: Des vêtements médicaux, c’est tout un changement par rapport aux vêtements de plein air. En quoi est-ce que le processus de design et de fabrication est-il différent?

Arc’teryx: Arc’teryx est reconnue mondialement pour ses technologies imperméables et respirantes, à l’aide de matériaux comme le GORE-TEX. Mais en fait, il s’agit surtout pour nous de mettre l’accent sur le confort. Si vous êtes confortable, vous serez capable de poursuivre vos activités plus longtemps. Que ce soit pour atteindre le sommet ou pour passer à travers un long quart de travail à l’hôpital, votre équipement ne devrait pas être ce qui vous préoccupe. Vous devriez pouvoir lui faire confiance.

Concevoir un équipement fiable afin de résoudre des problèmes, c’est ce qu’on a toujours fait chez Arc’teryx. Cette fois, le problème est un peu différent, mais l’objectif reste le même. Nous avons procédé de manière similaire à d’habitude, en travaillant avec les contraintes de ce projet spécial.

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