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Boréalys Mont-Tremblant by UTMB

Le circuit légendaire débarque au Quebéc en 2026.


13 août 2026Temps de lecture: 4 minutesÉcrit par: Équipe éditoriale Altitude Sports

L’UTMB World Series, ce sont des courses qui se déroulent partout dans le monde, sanctionnées par l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Elles permettent d’accumuler les chances d’aller courir à Chamonix en accumulant des running stones, qui servent de tickets de loterie pour le tirage des dossards. 

Pour la première fois cette année, il y aura une épreuve au Québec. La course s’appelle Boréalys Mont-Tremblant by UTMB, et elle est organisée par les Événements Harricana. En amont de cette grande première, on a eu la chance de discuter de la genèse du parcours avec ses créateurs. On ne voudrait pas vendre la mèche, mais vous l’aurez lu ici en premier : ça va être tough.

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Créer un parcours à la hauteur

Frédéric Ménard est le directeur de course de Boréalys Mont-Tremblant by UTMB. Dans ses propres mots, son rôle est comme celui d’un bon père de famille, qui veille à ce que tout le monde – athlètes, bénévoles, équipes logistique et médicale – rentre à la maison avec le sourire. Quand il en parle, on sent son profond engagement envers la communauté sportive, et une grande expérience. Normal : il a été aux commandes du Marathon canadien de ski pendant 10 ans, et a déjà officié à titre de directeur de course pour la TransCharlevoix des Événements Harricana.

Parlant d’événements dans l’est de la province, c’est un peu pour s’en distinguer que les organisateurs de Boréalys Mont-Tremblant by UTMB se sont tourné vers les Laurentides. Pour concevoir la course, Frédéric s’est allié à Alexandre Provost, dont c’est le terrain de jeu – et d’entraînement. Originaire de Sainte-Agathe-des-Monts, Alexandre est un coureur d’aventure. Il a découvert ce sport un peu inusité au tournant des années 2000. En gros, l’idée est de couvrir des distances énormes, en nature, en combinant différentes disciplines sportives comme la course, le vélo, le canot, etc. Les parcours ne sont pas balisés comme en course sur sentier, et dans bien des cas, on navigue avec carte et boussole…

La conception du parcours s’est faite suivant la passion des deux acolytes pour la région, et de critères plus pragmatiques, comme le choix d’emplacements accessibles pour les ravitos et une logistique agile d’extractions médicales, par exemple. Il y a aussi les distances réglementaires de l’UTMB à respecter, notamment qu’il n’y ait jamais plus de 15 kilomètres entre deux ravitos. Mais c’était aussi capital pour eux de connecter des points de vue panoramiques, pour créer un effet de carte postale qui marquerait la mémoire des participants. 

Pour cette première édition, les coureurs suivront un parcours « en fleur », c'est-à-dire qu’ils s’éloigneront d’un point d’intérêt central pour y revenir plusieurs fois, dans ce cas-ci les hauteurs de Mont-Tremblant. S’il n’y a qu’un sommet, Alexandre Provost souligne qu'on y accédera à quelques reprises, mais par différentes approches. En fait, la course ne passera jamais deux fois par le même point. Cela dit, la proximité de certains segments du tracé a un avantage très intéressant : il sera facile pour le public de se déplacer et de voir passer les coureurs à plus d’un endroit durant la journée. On pourra même utiliser la télécabine pour transporter les encouragements jusqu’en haut. 

Frédéric Ménard a dû convaincre l’UTMB Group que son concept allait tenir la route. L’organisation française, habituée aux parcours qui connectent un point A à un point B, s'est d’abord montrée frileuse. Mais la diversité du terrain – pistes de ski, single track, sentiers, roches et compagnie – a eu tôt fait de rassurer tout le monde. Thibault Thomas est directeur des opérations globales pour l’UTMB Group. Son rôle comprend la rédaction du cahier des charges pour l’ensemble des courses de la World Series. Il accompagne aussi les événements dans son application. Ce qu’il a trouvé à Mont-Tremblant, c’est une course qui se démarque par tout ce qu’elle arrive à offrir dans un périmètre carré somme toute restreint. Cette caractéristique, qui est représentative de l'esprit des sentiers québécois, a rapidement dissipé les réticences initiales. En fait, il avance même que c’est ce qui fera le caractère distinctif de la course sur le circuit.

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Difficulté représentative de la région

Le parcours de l’Odyssée Boréale, long de 80 kilomètres, est l’épreuve reine de Boréalys Mont-Tremblant by UTMB. Elle se classe dans la catégorie des courses de 100 kilomètres de l’UTMB, dans le cadre du système de kilomètres-effort. Cette façon d’évaluer la distance ajoute un kilomètre virtuel pour chaque 100 mètres de dénivelé gravi. Vue comme ça, l’Odyssée Boréale fait plutôt 112 kilomètres. Ça donne une idée du relief et de la difficulté technique du terrain de Mont-Tremblant. 

D'ailleurs, cette technicité propre à la région a guidé l’équipe de conception, qui a tenu à l’embrasser plutôt qu’à la contenir, afin de « respecter la montagne », dans les mots de Frédéric Ménard. Alexandre Provost confirme, le terrain à Mont-Tremblant est difficile, et la course a été conçue pour être tough. Et même si en bas, ça a l’air touristique, les coureurs vont rapidement se retrouver dans de vrais sentiers isolés et techniques. Et le dénivelé, c’est du sérieux. À 3800 mètres d’ascension pour le 80 kilomètres, personne ne va y échapper. 

Samuel Matte-Thibault est directeur de l'événement Boréalys Mont-Tremblant by UTMB, et directeur général des Événements Harricana. Ses directives pour la création du parcours de la première édition de cette course visaient à ce que les Running Stones soient « méritées », comme il dit. Pas dans le but d’offrir une course plus difficile que nécessaire, mais une expérience de trail qui soit authentique. Et en tant que qualification pour l’UTMB, la course se devait d’être digne de l’enjeu.

Pour vraiment comprendre de quel genre d’adversité on parle, considérez ceci : après le test officiel du parcours l’été dernier, réalisé par des athlètes d’élite qui carburent à ce genre de défi, l’équipe a dû procéder à des modifications parce qu’il était trop difficile et technique. Certains segments ont été remplacés, et deux ravitos ajoutés sur le parcours de 80 kilomètres. Dans la foulée, le parcours est passé de 76 à 81 kilomètres, mais avec un peu plus de terrain roulant…

Boréalys Mont-Tremblant by UTMB s’annonce donc comme une course sans compromis : un parcours dense, technique, et résolument fidèle à l’ADN des sentiers québécois. Entre les panoramas des Laurentides et les sections où on doit mériter chaque mètre, l’événement promet une première édition mémorable.

Et pour les coureurs qui en redemanderont, la suite se dessine déjà en coulisses : les Événements Harricana planchent sur un parcours de 100 miles pour l’an prochain. De quoi comprendre qu’on ne parle pas simplement d'une nouvelle course au calendrier, mais du début d’un véritable chapitre québécois dans l’univers UTMB.

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